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Photo de Lise Berfini et titre de l'interview mis en page comme un journal

Paroles d'escape

Créer l’évasion à distance #4 : Au fil du dédale, l’escape game inspiré de faits réels

Zompa

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6.12.2020

A l’heure où les escape rooms sont contraintes de garder leurs portes closes, certaines enseignes ont décidé de continuer à divertir leurs joueurs confinés. Je suis partie (virtuellement bien sûr) à leur rencontre. Quatrième épisode avec Lise, cofondatrice d’Au fil du dédale. L’enseigne grenobloise a développé un escape game en ligne original. Les énigmes se basent sur de véritables documents historiques datant de la seconde guerre mondiale. Un concept qui mèle Histoire et histoire, dans un scénario émouvant.

Paroles d'escape, Au fil du dédale
Hello Lise ! Durant le premier confinement, tu as lancé ton premier escape game à distance. Comment l’idée de ce projet a-t-elle germé ?

Lors de la fermeture de nos locaux, nous étions en train de lancer notre troisième salle. Ce projet étant reporté par la force des choses, nous étions à la recherche d’une idée d’aventure à distance pour nos clients. Cécilia, ma partenaire du Lapin Blanc, avec qui je travaille pour des projets de création de jeux sur mesure, a l’habitude de créer des jeux à distance. C’est elle qui m’a motivée à me lancer, et nous avons sorti ensemble le 7 mai un jeu en ligne : le tableau des Maquisards.

Il s’agit d’une enquête qui se déroule sur 15 jours. Tous les jours, le joueur reçoit un mail d’un personnage fictif, Lilia, qui lui envoie des documents pour avancer dans le jeu. Lilia est aussi disponible via un chatbot Facebook Messenger, pour aider les joueurs bloqués.

Le premier jour, Lilia envoie au joueur une vieille lettre découverte dans son grenier… Et l’aventure peut commencer !

Comment vous est venue l’inspiration pour ce scénario ?

Cela faisait un moment que mon conjoint et moi souhaitions créer quelque chose à partir de vieux documents qui se trouvent dans notre grenier. L’arrière-grand-père de mon mari était le chef du secteur 6 de la Résistance à Grenoble. Nous avons un carton entier de documents historiques datant de la seconde guerre mondiale : des lettres de délation, des fichiers de suivi, des listings militaires, des photos…

Nous avons donc conçu autour de ces documents un scénario d’enquête où le joueur doit retrouver un tableau de Van Gogh qui a été perdu durant la seconde guerre mondiale. La lettre manuscrite de départ les envoie vers un autre document et ainsi de suite, jusqu’à trouver le lieu où est caché le tableau. Pour l’anecdote, le tableau que nous avons choisi est bel et bien une œuvre perdue durant la guerre, et il n’a toujours pas été retrouvé.

Qu’est-ce qui est plus compliqué lorsque l’on crée une histoire à partir de vrais documents ?

D’abord choisir quels documents sont les plus intéressants, et lesquels sont utilisables dans un escape game! Il a fallu aussi trouver la bonne méthode de construction du scénario, afin que chaque document soit lié à un autre. Nous avons créé d’énormes tableaux pour arriver à articuler tous nos documents ! Il fallait aussi que le style des énigmes soit varié, pour ne pas lasser les gens avec uniquement des énigmes textuelles sur papier. Au fil du jeu, le joueur découvre des photos, des bandes sonores, ou encore des feuilles transparentes avec filigrane.

Tous les documents utilisés sont-ils d’époque, ou en avez-vous créé aussi des faux ?

Il y a du vrai et du faux. Par exemple, la première lettre envoyée aux joueurs est une lettre que nous avons fait écrire par le grand-père de mon mari, pour avoir sa jolie écriture à l’ancienne. Il y a même des pièces hybrides : nous avions à notre disposition des cartes militaires vierges que nous avons complétées en digital, en faisant attention d’utiliser des outils qui ne laissent pas un trait trop foncé ou trop net.

Mais pour en savoir plus, il faut attendre le quinzième jour d’enquête ! A la fin du jeu, les joueurs accèdent à un making of qui montre quels documents étaient de véritables pièces historiques.

Nous avons de très bons retours sur ce jeu. Beaucoup de gens nous ont dit avoir été émus par l’histoire, certains ont même décidé de visiter pour de vrai le lieu final de l’enquête.

Ce second confinement a été l’occasion pour toi de préparer un nouveau bébé : un calendrier de l’avent Au fil du dédale ! Peux-tu nous en dire plus ?

Un confinement, un projet ! Il s’agit une fois encore d’un travail réalisé avec le Lapin Blanc. Nous apprécions particulièrement le fait d’avoir quelque chose à faire chaque jour (comme pour le tableau des Maquisards), donc l’idée d’un calendrier de l’avent escape game nous plaisait.

Nous avons créé un calendrier de l’avent à imprimer en 24 feuilles que l’on peut accrocher au mur et même suspendre à son sapin. Pour changer des thèmes habituels de Noël, et comme un clin d’œil au confinement, nous avons imaginé notre calendrier autour du thème « voyage autour du monde ».

Tous les jours, les joueurs découvrent une coutume d’un pays, et nous leur proposons une énigme à partir de cette coutume. Il y a également une grande énigme cachée dans chaque feuille jusqu’au 24 décembre.

L’un des points importants pour nous était de rendre nos designs imprimables en noir et blanc sans gâcher les énigmes, de ne pas surcharger les pages. Histoire de limiter l’impact écologique et économique de notre calendrier !

Paroles d'escape, Au fil du dédale

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